Une pétition pour dire non aux licences fédérales 2034 et 2050... en 2018 !

Christophe Carré, membre du Comité de Direction du Tennis Club de Crépy en Valois

 

Pourquoi cette pétition ?

(pétition et site diffusés auprès de 6500 correspondants de club, mercredi 12 février 2014)
Cette page est "l'ancienne page d'accueil". On y trouve l'argumentaire plus développé mais moins complet que dans la nouvelle page d'accueil, plus résumée (je sais, j'écris trop) : 32 raisons pour dire non !

On nous a précisé que le coût de la Modernisation du Stade de Roland Garros (MSRG) est passé de 273 millions d'euros à 340 millions (cf. procés verbal AG FFT - 16 février 2013). Il faut donc, pour boucler le plan de financement de la modernisation de ce stade, que la FFT trouve 21 millions d'euros.

C'est la première justification présentée aux 196 élus de la Fédération Française de Tennis, qui ont décidé en février 2013, qu'il fallait mettre à contribution le million de licencié(e)s.

1 - Une inflation record et volontaire du montant des licences fédérales a donc été validée, étalée sur une augmentation progressive de cinq ans. A l'issue de cette période, les montants des licences fédérales seront fixés à un montant de + 64 % pour les licences jeunes (par rapport à ce qu'il aurait été sans ce "coût" de baguette magique) et + 39 % pour les licences adultes.

Les montants qu'elles auraient du atteindre en... 2034 pour les adultes et... 2050 pour les jeunes ! Autant dire une chute dans le futur ! Une augmentation considérable puisqu'en totale rupture avec les augmentations traditionnelles (0.50 € par an, voire tous les deux ans pour la licence jeune).

Daniel HETTE le souligne lors de cette AG de février 2013 : "il y a de quoi s'inquiéter sur la baisse quasi générale dans nos ligues du nombre de licenciés jeunes. Un déficit qui sera difficile à combler" (p.18). Et malgré ce constat inquiétant, quelques instants plus tard, on vote pour une hausse qui culminera à échéance (5 ans) à + 64 % pour les licences jeunes ?

Une seconde justification a été développée pour justifier une telle inflation, en présentant le montant de la licence fédérale de tennis comme sous-évaluée par rapport aux montants des licences d'autres sports. (voir plus bas (point 5 et point 6)).

2 - Paradoxe

Article 1, paragraphe 1 des statuts de la FFT
Décision de l'Assemblée Générale de la FFT du 16 février 2013

Objet premier de la FFT : "l'accès de tous à la pratique du tennis" !

+ 64 % en cinq ans pour une licence jeune ! + 39 % pour une licence adulte !

Diriez-vous qu'on reste fidèle à cet objet premier de la FFT en rapprochant ainsi ce texte et cette décision ? Avez-vous cette même troublante impression que cette décision est en contradiction totale avec cet objet premier de la FFT ?

Un simple constat qui m'a fait réagir et adresser un courrier aux élus de la FFT, les questionnant sur des considérations multiples mettant en cause le bien fondé d'une décision aussi polémique.

3 - Réponse du président de la FFT ? Pas de réponse, une fin de non-recevoir, aussi brève que décevante.

Je passerai rapidement sur une réponse qui me trouble encore aujourd'hui. Ces questions sont-elles irrespectueuses ? Non. Ces questions sont-elles ineptes ? Je ne le pense pas. Ces questions sont-elles non respectables en ne méritant qu'un rejet pur et simple ? On me fait clairement comprendre, dans ce courrier, que je ne suis rien du tout et que je n'ai qu'à rester à cette place là. C'est assez décevant. Mais passons.

Ci-dessous, je résume ces autres multiples questionnements que j'espère vous partagerez en signant cette pétition. N'hésitez pas à utiliser les liens vers ce courrier adressé aux élus de la FFT, un courrier beaucoup plus détaillé (je ne sais pas trop faire court) pour des arguments pour l'instant, forcément, non-contredits (pas de réponse).

4 - Une non information troublante des licenciés !

Plus que surpris par cette décision, j'ai cherché. A aucun moment, jamais, dans aucun média, je n'ai trouvé la trace d'une information préalable d'un projet MSRG s'accompagnant d'une information sur des répercussions aussi lourdes pour les licenciés, une information qui aurait du nécessairement accompagner la présentation du projet de MSRG pourtant elle, largement médiatisée. Avez-vous eu cette information pour vous expliquer qu'on viendrait vous solliciter financièrement pour combler le plan de financement de ce projet ? Avez-vous été en mesure de faire remonter ce que vous en pensiez à vos élus des clubs, des Comités, des Ligues afin qu'ils puissent prendre le "pouls sur le terrain" ? Non.

Résultat ? Unanimité : 1818 (suffrages portés par 196 élus de la FFT) "oui" francs et massifs. Pas une seule voix n'a manqué. Avez-vous déjà vu de pareils résultats pour des décisions aussi importantes ?

Qui, dans les clubs, a eu la "chance" de tomber sur le procès-verbal de l'Assemblée Générale (un unique exemplaire envoyé dans chaque club que je n'ai découvert pour ma part qu'en mai 2013) ? Qui a trouvé sur le site de la FFT les éléments de cette décision ? On y trouve bien le discours du président mais rien sur ces autres éléments détaillant cette inflation record et volontaire. Je les cite donc sur ce site.

N'est-on pas en droit de prétendre que cette décision a été prise dans une discrétion des plus... remarquables, pour tout dire... plutôt en catimini ?

5 - Des particularités du coût de la pratique du tennis totalement ignorées !

Parmi les raisons qui font que la licence fédérale n'est pas sous-évaluée comme on le présente, il y a cette réalité que nous connaissons-tous dans la pratique du tennis, au quotidien. Ce sont tous ces coûts annexes très loin d'être négligeables et pourtant incontournables : cotisations au club (parfois élevées), achats nécessaires et fréquents de balles (un footballeur rachète t-il un ballon tous les trois ou quatre entrainement ?), cotisations aux tournois (20 € le match pour un perdant du premier tour), cordages, etc...

Autant d'éléments absents de ces comparaisons pour ne pas desservir une argumentation en faveur de cette inflation record.

On répondra que c'est un débât interne à la FFT qui ne doit reposer que sur le seul montant de la licence. Est-ce votre perception, à l'autre bout de la pyramide, du coût de la pratique du tennis ? Peut-on vous demander d'en faire ainsi une totale abstraction ? Doit-on ne comparer que ce qui est en faveur d'une réévaluation du montant de la licence fédérale ?

6 - Des comparaisons uniquement à charge !

Pour justifier une pareille augmentation du montant des licences fédérales, cette AG s'est satisfaite de comparaisons avec d'autres sports, fortement opportunistes, pleinement au service d'une unique argumentation en faveur de cette taxation des licencié(e)s de la FFT (cet exemple du rubgy (page 38) où l'on reconnait que la licence est plus basse mais que, attention... c'est sans l'assurance !).

Sans que j'ai pu m'investir davantage dans ces comparaisons (on évoque bien un tableau présenté en AG de la FFT mais aucune trace de ce document), j'ai pourtant rapidement trouvé des premiers exemples contraires, tous en faveur du montant actuel de la licence fédérale de tennis.

Pourquoi ne pas citer le coût d’une licence de natation, à 25 € pour un adulte et 15 € pour un jeune ? Des montants comparables à ceux de la licence tennis 2012/2013 ?

Pourquoi ne pas citer le coût d’une licence de hand-ball, à 23.40 € (+ 3.05 € ?) pour un adulte et 14.20 € (+1.53 € ?) (moyenne) pour un jeune ?

Dans ce jeu de comparaisons, on trouve ce qu'on est venu y chercher !

Et puis on n'a pas d'autre pertinence à comparer des sports incomparables dans leur coût, dans leur pratique, dans leurs effectifs, dans leur histoire.

En effet, il faut aussi mettre ces montants des licences en rapport avec l'effectif total du sport concerné (cela ne fait pas les mêmes recettes pour la Fédération), ce que comprend la licence (matériel, prestations, cours, droits d'engagement aux compétitions, etc...), prendre en compte la distinction entre compétiteurs et non compétiteurs (ces derniers ne coûtent quasi rien à la Fédération), prendre en compte les recettes autres que les licences, etc...

Dans d'autres disciplines sportives il existe une licence loisir pour la pratique loisir. Environ 400 000 joueuses et joueurs de tennis font de la compétition (cf. nombre de classé(e)s). Il y a donc, au bas mot, un demi-million de licencié(e)s qui ne coûte rien de ce point de vue.

Des comparaisons qui s'avèrent, au final, profondément incomplètes, non pertinentes.

7 - Un mal pour un... mal !

Difficultés à fidéliser nos visiteurs d'une saison, difficultés à pérenniser également les inscriptions des jeunes... Qui croit sérieusement qu'augmenter dans des proportions aussi importantes le montant des licences fédérales va donner des outils aux clubs, les premiers au contact, pour fidéliser un public volage, aux sollicitations multiples ?

N'êtes-vous pas en prise direct parfois avec les difficultés qu'ont les clubs pour réunir trois francs six sous, les gagner aprement en s'investissant sur le terrain, pour pouvoir financer une activité supplémentaire au service des adhérents du club ?

Le président de la FFT a t-il, dans ces visites dans les clubs, réellement "pris le pouls sur les terrains" en évoquant cette hausse spectaculaire du montant des licences ?

8 - Une inflation record et volontaire pour un projet qui n'est donc pas "vertueux" !

Est-ce aux dépenses de s'adapter aux recettes ? Est-ce aux recettes de s'adapter aux dépenses ?

Une réponse que nous trouvons par la force des choses, dans notre quotidien. On ne peut dépenser plus que ce que l'on a ! Et il n'est pas question d'aller frapper à la porte du voisin.

Qui peut croire, qu'en ces périodes difficiles pour tous, la solution pour mettre en oeuvre un projet qu'on avoue être "coûteux", est d'aller mettre à contribution les porte-monnaie du million de licenciés de la FFT ?

9 - Une inflation record et volontaire habillée comme une belle histoire !

Présentée comme une nécessité pour financer MSRG, qui reste un beau projet, cette AG n'a rien trouvé à redire quand on lui a expliqué que c'était l'occasion de rattrapper un niveau trop bas du montant des licences fédérales.

Mais alors pourquoi lier cette proposition au financement de MSRG ?

Fallait-il profiter d'une opportunité historique pour confondre en une seule décision deux propositions aussi polémiques : faire payer aux licenciés une partie de la modernisation du stade de la capitale et appliquer une inflation record sur le montant des licences fédérales ?

Comment justifier une pareille rupture dans l'augmentation du montant des licences fédérales sinon en la liant à ce beau projet, un bien bel emballage, l'arbre qui cache la forêt !

Il est évidemment qu'une décision sèche d'une augmentation de +64 % ou +39 %, voire + 95 % si l'on avait eu la pertinence de ne pas aller asséner cette hausse aussi aux licences jeunes, prêtait beaucoup plus le flanc à des questionnements, des réactions rapides, des oppositions de la part des licencié(e)s, du million de licencié(e)s !

10 - Les retombées de Roland Garros sur le tennis français : l'argument clef !

"Il faut investir dans Roland Garros parce que c'est 80 % des recettes de la Fédération. Et que ce sont ensuite ces recettes qui retombent bénéfiquement sur le tennis français dans son ensemble".

Cela reste tout d'abord fort discutable de venir expliquer qu'il faut que les licencié(e)s donnent plus d'argent parce que c'est comme ça qu'on va leur en redonner ! Il y a plus court pour atteindre ce but : maintenir les licences au montant actuel. Et on obtient le même effet !

Car l'immense majorité des licencié(e)s dans les clubs le savent bien, les retombées de Roland Garros ne les concernent que très très peu ou pas du tout pour la plupart ! Ces retombées vont en direction d'une minorité des licencié(e)s, certes respectable, mais qui peut sans doute s'accomoder d'aides proportionnées.

La FFT a transmis (juillet 2013), pour la première fois (l'heure est grave), un kit d'information, pour que les dirigeants de club aient des outils pour convaincre les adhérents que la licence apportait de conséquents avantages. Je vous en laisse juge. Mais il reste vrai que c'est bien les dirigeants bénévoles, dans les clubs, qu'on charge ainsi d'aller vendre une hausse record du montant des licences fédérales. Les dirigeants des clubs, en première ligne, pour défendre une décision qu'ils n'ont pas prise, pour laquelle on ne les a pas sollicités, une décision qui n'est évidemment pas une bonne chose pour leur club, pour l'immense majorité de leurs adhérents !

Il est assez clair que ces licencié(e)s qui vont apporter leur contribution supplémentaire, de grè ou de force, ne bénéficieront d'aucun retour significatif. Une contribution sèche.

La première des retombées de Roland Garros favorable à l'ensemble du million de licencié(e)s serait de faire des économies, disons 21 millions d'euros, sur ce projet "couteux" et laisser ainsi accessible la licence fédérale pour tous. Est-ce inenvisageable ? Ne peut-on rogner un bout de moquette ici, d'autres options par là ? N'est ce pas un devoir ? Les élus n'auraient-ils pas plus de mérite à travailler sur ce type d'efforts plutôt qu'à simplement s'accorder pour une augmentation concernant plus d'un million de licencié(e)s ?

 

Au final, je ne peux me résoudre à ne pas revenir sur l'objet premier de la Fédération Française de Tennis : "l'accès de tous à la pratique du tennis".

Entre augmenter de + 64 % le montant de la licence fédérale jeune pour moderniser un stade et assurer d'autres dépenses, ou contribuer aux bonnes conditions d'accueil et de pratique du tennis dans la réalité et le quotidien le plus basique de chacun des 8000 clubs... si vous étiez l'un de ces représentants du million de licencié(e)s, un représentant ayant le souci premier de rester ancré dans ces réalités qu'affrontent les clubs, quelle décision auriez-vous prise ?

En confondant le but et les moyens on prend le risque grave de ne pas atteindre le but fixé : "l'accès de tous à la pratique du tennis".

Une licence au montant modéré, la vraie richesse du tennis français !

Je vous invite à signer cette pétition, parce que ces remarques sont pertinentes (elles sont en outre respectueuses et respectables), parce cette hausse spectaculaire n'est pas une bonne décision.

Dans cette conclusion, à la meilleure place, je ne terminerai pas en manquant de préciser le plus clairement du monde, une fois encore, que cette démarche ne s'inscrit pas dans une opposition au projet de Modernisation du Stade de Roland Garros.

On est tellement vite mal compris.

Cordialement

C. Carré

 

 

Retour sommaire

 

Pour signer la pétition sur Avaaz.org